Le DINOTHERIUM
Espèce vouée à l’extinction

Par Jean Marie LAURENT

Il y a 65 millions d’années….à la fin du Crétacé supérieur, la disparition des grands reptiles.

Ne revenons pas sur le sujet, nombres d’articles ont relaté cette grande crise biologique de la fin de l’ère secondaire. Les mammifères remplacent peu à peu les niches écologiques laissées vacantes par les dinosauriens.

Nous sommes au tout début de l’ère tertiaire.

Ces animaux placentaires vont se diversifier durant les quelques 60 millions d’années que va durer cette ère….Parmi eux, le groupe des proboscidiens, les ancêtres de nos éléphants actuels. Le nom de "Proboscidien" vient du grec (proboskis) proboskis qui signifie trompe

L’éléphant d’Asie ( Elephas ) et l’éléphant d’Afrique ( Loxodonta ) sont les deux seuls représentants actuels de ce groupe qui comptait jusqu’à 160 espèces durant l’ère tertiaire.

Le Dinothérium, seul genre de cette famille, est un énorme animal fort différent des Mastodontes et autres Eléphants.

Pendant longtemps, la nature de cet animal fut une énigme pour les naturalistes. Cuvier croyait qu’il s’agissait d’un tapir géant ( le Dinothérium avait en commun avec la famille des tapiroïdes la forme de ses molaires…). En 1837, on découvrit un crâne complet dans une couche sédimentaire du Miocène à Eppelsheim ( Hesse – Darmstadt, Allemagne ). Le paléontologue Kaup qui en fit l’étude, lui donna son nom. Il fut considéré successivement comme un Edenté, puis comme un animal aquatique apparenté au Lamentin…Le paléontologue Laret reconnut le premier sa véritable position systématique parmi les Proboscidiens. Le crâne avait une ouverture nasale très large, des condyles relevés, ce qui laisse supposer l’existence d’une trompe moins développée que chez les éléphants actuels.

Privé de défenses supérieures, le Dinothérium possédait une mâchoire inférieure courbée vers le bas et supportant deux grosses défenses qui devaient lui servir à déterrer les racines dont il faisait sa nourriture ( sic )

Sur le plan dentition, les molaires de lait étaient remplacées, d’une manière normale, par deux prémolaires. Les molaires définitives à couronne basse, ne présentent que 2 crêtes transversales. La première arrière-molaire est pourvue d’un talon. Comme les molaires de l’éléphant actuel, celles-ci s’usaient tout au long de l’existence de l’animal, ce qui était un fort handicap nutritionnel lorsqu’il devenait vieux.

Quant au squelette du corps et des membres, il est semblable à celui des Mastodontes et des éléphants actuels.

L’histoire des Proboscidiens est particulièrement intéressante. Elle tire de son isolement le genre " Elephas et Loxodonta ", seuls survivants de ce groupe. Elle nous fait suivre les transformations graduelles d’une forme généralisée en une forme spécialisée. Les changements ont porté principalement sur la dentition et le crâne. Le squelette du corps et des membres a rapidement acquis ses caractères définitifs.

Pourquoi les dinothériums n’ont pas évolué ?

Il suffit pour s’en convaincre de bien visualiser les représentations de ces animaux. Trompe moyenne, grosses défenses inférieures massives et recourbées vers l’arrière. Ils atteignaient la taille respectable de 4m, pour un poids estimé entre 4 et 6 tonnes….

En fait, l’idée selon laquelle le Dinothérium se nourrissait de racines est totalement absurde !

Peut-être est-ce la forme particulière de ses défenses recourbées qui a incité les paléontologues à émettre cette hypothèse ? En fait, je pense ( l’auteur ) qu’elles servaient à inciser le tronc des arbres afin que l’animal puisse, à l’aide de sa trompe, arracher de grands lambeaux d’écorce dont il se nourrissait. Ou bien à décoller les lianes entourant les arbres pour qu’il puisse s’en saisir plus facilement….

Ces défenses devaient également servir aux grands mâles à assurer leur suprématie lors de combats pour la possession d’une harde….

Ayant ainsi atteint un degré élevé de spécificité nutritionnelle, et ne pouvant plus évoluer, les Dinothériums se sont peu à peu éteints à la fin de l’ère tertiaire alors que les prémices des grandes glaciations se profilaient à l’horizon.

 
 

Références

Musée de géologie de Lausanne ( http://www-sst.unil.ch/Musee/publications/ )

Eléments de paléontologie par Marcellin BOULE et Jean PIVETEAU – Edition MASSON – 1935

Muséum d’histoire naturelle de Lyon – Gérard CHAPRON et Hervé FROISSARD

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