Le site préhistorique d’AURIGNAC

Par Germaine CASTAN
(Article paru en 2002 dans le bulletin n°5)

La grotte d’Aurignac se trouve à 1600m au nord du village du même nom, à l’extrémité aval du vallon dans lequel coule le ruisseau de Rhodes, minuscule affluent de la Louge, parallèlement à la route allant d’Aurignac à Boulogne-sur-Gesse.

Cette grotte est creusée dans du calcaire thanétien ( début de l’ère tertiaire, de 65 à 56 MA ), dans une colline nommée " Montagne de Fajolle ".

 

Cette grotte est la propriété de la commune d'Aurignac et a été classée parmi les monuments historiques, suivant l'arrêté ministériel du 26 mai 1921.

 

Découverte des squelettes

  • En 1852, Bonnemaison, un ouvrier, au cours d'une chasse au lapin, mit à jour une grotte d'où il retira 17 cadavres des deux sexes et de tous âges. Le maire de l'époque, le docteur Amiel, en avait ordonné le transport dans le cimetière de la commune.
  • En 1860, Lartet, plus paléontologue qu'historien, vint à Aurignac. Mais le maire ayant été contacté en vain, le fossoyeur lui-même se déclara incapable de préciser l'endroit du cimetière où il avait enfoui ces restes humains.
  • En 1938, Fernand Lacorre entreprit des fouilles qui ne donnèrent aucun résultat. Sa conclusion fut la suivante: " notre insuccès, joint au fait du curieux oubli de l'emplacement des squelettes évoqué par l'ancien fossoyeur, nous a amené à penser que la charretée de ces restes humains a dû être vidée ailleurs ".

Ces squelettes ne furent jamais retrouvés !

Les fouilles

  • En 1852, Bonnemaison, par curiosité fouilla le talus et la plate-forme situés en avant de la grotte. Il trouva quelques outils.
  • En 1860, Lartet fouilla la niche ayant contenu les 17 squelettes et qui est séparée de l'extérieur par une plaque de grés verticale. Au dessous, il découvrit dans une couche épaisse de 1m des restes de 9 espèces de carnassiers dont Hyoena crocuta speloea ( hyène des cavernes), canis vulpus ( renard), 10 herbivores dont equus caballus ( cheval), bison europeus et cervus tarandus ( renne).
    Tout à fait à la base et seulement sur la terrasse, se trouve une couche épaisse de 20cm, noire, faite de cendre et de charbon de bois, près de laquelle il trouva des outils de silex et d'os travaillés. Cette découverte montre bien que l'homme a été le contemporain de ces espèces disparues.

Les successeurs de Lartet démontreront plus tard qu'il existe trois périodes différentes.

  1. La couche archéologique noire à la base correspond à l'occupation par les aurignaciens.
  2. La couche au dessus, qui ne renferme que des ossements d'animaux, a servi de repère à la faune sauvage après son abandon par les hommes. Ce fait a été prouvé par la découverte d'un fœtus d'Ursus speloeus ( ours des cavernes ).
  3. La partie supérieure fermée par la plaque de grés, utilisée comme sépulture commune pendant la période Chalcolithique ( période préhistorique située entre le néolithique et l'âge du bronze).

De 1938 à 1939, les époux Lacorre reprenaient les fouilles. Vue la grande quantité d'ossements appartenant à plus de 30 espèces d'animaux, ils émirent l'hypothèse que ce site faisait certainement parti d'un habitat plus important dans les parages immédiats de la grotte.

En 1961, Méroc dirigea avec succès un chantier de fouilles situé à 30m de la grotte explorée par Lartet, appelée depuis Aurignac1. Il mit au jour un nouveau site, caractérisé par la présence de gros blocs effondrés, Aurignac2.

L'outillage

L'outillage récolté provient sans exception de bancs de silex présents dans le calcaire lithographique danien ( étage faisant la liaison entre le secondaire et le tertiaire ) dont il existe un massif à moins d'un kilomètre plus à l'est.

Les outils sont essentiellement représentés par des grattoirs carénés et plus rarement par des lames retouchées. Le fait le plus remarquable est l'absence de burins.

En conclusion, comme l'écrivait Louis Méroc en 1963 :

" Pour modeste qu'ait été l'habitat révélé, ces recherches permettent de conclure :

  • Que la station d'Aurignac 2 fut habitée une fois par les aurignaciens avant l'effondrement de l'abri.
  • Que la grotte fouillée par Lartet n'était certainement qu'un petit appendice dépendant d'un ensemble d'abris beaucoup plus importants.
  • Dans l'état actuel des connaissances, les grottes d'Aurignac n'ont pas connu au paléolithique d'autres occupants que des Aurignaciens. "

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