L’ARGILE

Par Germaine Castan

L’argile, quoi de plus banal comme minéral ! Et pourtant…

Les argiles sont des alumino-silicates hydratés, formées de particules très petites. Le cristal d’argile est un empilement de feuillets élémentaires, constitués de couches d’alumine et de silice reliées entre elles par des arrangements différents. Les schématisations peuvent se faire de la façon suivante :

 

Pour la couche de silice : Si (O, OH)4

Hydroxyles ( OH )

Atomes de silicium (Si )

Atomes d’oxygène ( O )

Pour la couche d’alumine : Al(OH)3, (H2O)3

Hydroxyles ( OH )

Aluminium

Hydroxyles ( OH )

Entre ces deux couches, plusieurs associations sont possibles. On comprend dès lors qu’il existe plusieurs variétés d’argile.

A – QUELQUES EXEMPLES D’ARGILE

La Kaolinite est formée par un empilement de feuillets constitués par une couche de silice et une couche d’alumine.

un feuillet Couche de silice




Couche d’alumine

La Pyrophyllite comprend par feuillet :

une couche de silice
une couche d’alumine
une couche de silice.

La Chlorite :

une couche de silice
une couche mixte d’hydroxyde d’aluminium et de magnésium
une couche de silice.

La Montmorillonite :

une couche de silice
une couche d’alumine avec des ions de manganèse ou de fer
une couche de silice.

L’empilement de ces feuillets donne aux argiles des propriétés originales et variées.

B – LES PROPRIETES DES ARGILES

1° - Pouvoir échangeur et minéralisateur

L’argile, comme la Montmorillonite par exemple, possède une charge intrinsèque négative qui est compensée par des cations ( ions chargés positivement comme les métaux) se logeant dans l’espace inter-feuillet. Dans la nature elle fixe le cuivre, le cobalt, le nickel, le zinc, l’étain…

2° - Pouvoir adsorbant et absorbant

Grâce à son pouvoir adsorbant, elle fixe à sa surface anions et cations. L’empilement des feuillets augmente considérablement cette surface, estimée de 100 à 600 m2/g.

L’eau pénètre dans l’espace inter-feuillet provoquant le gonflement de l’argile. Dans une atmosphère sèche, l’eau est restituée et les feuillets se rapprochent. On peut substituer à l’eau des liquides organiques ou inorganiques. Elle piège toutes sortes de déchets.

3° - Propriétés colloïdales

Elle donne à l’argile une « dispersibilité » tout à fait exceptionnelle.

4° - Pouvoir de stockage de l’énergie

Quand elle est exposée aux rayons du soleil, elle devient plus active. On ignore aujourd’hui encore comment cette énergie est emmagasinée.

C – L’UTILISATION EN MEDECINE

1° - L’argile est utilisée par voie externe ou interne.. Sous forme de cataplasme, elle échange progressivement ses oligo-éléments par diffusion à travers la peau. Elle stimule l’organisme en cas de fatigue aussi bien physique que psychique (asthénies, surmenage, états de convalescence…)

Le pouvoir couvrant de l’argile se manifeste par la réalisation de pansements gastriques et intestinaux.

2° - Par ses pouvoirs adsorbant et absorbant, elle piège des déchets moléculaires comme amines, acides, sucres… mais également des virus, des bacilles et autres germes d’infection, des toxines, du pus… Elle agit directement sur le rééquilibrage de l’organisme. Signalons enfin sa remarquable capacité à absorber les gaz intestinaux.

3° - Elle peut jouer un rôle dans des processus enzymatiques (coenzyme), pour catalyser des réactions de désamination et de décarboxylation intervenant dans le cycle de Krebs (oxydation des aliments dans l’organisme). Certaines argiles dites vertes, riches en fer, ont un rôle important dans les réactions d’oxydo-réductions. La diffusion des électrons dans le corps humain semble avoir un effet bénéfique dans le traitement de certaines maladies comme le cancer par exemple.

4° - A l’état dilué, on obtient des solutions colloïdales qui ont des effets hémostatiques (anti-hémorragiques).

5° - En cosmétique, elle hydrate la peau (eau libérée par l’espace inter-feuillet), neutralise les excès d’acidité ou d’alcalinité (régulation du pH), désinfecte et agit ainsi sur la desquamation (masques de beauté et élimination des impuretés).

D – AUTRES UTILISATIONS

Dans l’industrie pétrolière, son action est bien connue dans le crackage catalytique des hydrocarbures. En mécanique la montmorillonite sert à la fabrication de pâte de dégraissage…

Enfin, il faut rappeler que les régions argileuses sont plus fertiles que les autres, en raison des oligo-éléments qu’elles retiennent, puis rediffusent.

En conclusion, nous pouvons dire que l’utilisation de l’argile ne suffit pas à tout soigner, tout guérir, car elle ne supprime pas les causes de la maladie. Elle peut aider à la remise en ordre de l’organisme perturbé par un mode de vie et d’alimentation éloigné des lois naturelles.

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